Officiel, Pixel fait sa rentrée des classes après une semaine de vacances. Une parenthèse familiale nous a offert l’opportunité de donner quelques jours de tranquillité au bateau. Marinas, moteur et une trentaine de milles en six jours : il a sûrement apprécié le changement de tempo même si nous sommes désolés de l’avoir brutalisé en le laissant taper un peu trop fort sur le quai du port de Sibenik. Une petite retouche de résine devrait le remettre d’aplomb bien vite.
Nous avons profité de cette parenthèse pour visiter de très jolis endroits.
Zadar tout d’abord, avec ses palais, son marché et ses jolies ruelles pavées. Une mention toute particulière à l’aménagement (très contemporain) d’un de ses quais. L’artiste qui a pensé et conçu cet endroit a crée quelque chose de magique : le soir, pendant qu’un orgue hydraulique naturel câline nos oreilles et qu’un plateau lumineux titille nos regards avec ses leds alimentées par le soleil couchant, nous profitons de la douce et sereine ambiance pour, en compagnie de centaines de badauds locaux (ou pas), admirer l’astre du jour se fondre derrière les ondulations « vert sombre » de l’île d’en face. Le bras de mer s’illumine de centaines de nuances rendant chaque badaud à sa condition d’ombre chinoise animée, ombre qui rentre sans effort dans le magnifique et troublant tableau voulu par son créateur. Chapeau l’artiste !
Autre escale de charme, le petit village de Bettina où se concentrait la construction navale de l’île de Muter (Otok Muter) et ce depuis au moins le moyen-âge et jusqu’au début du vingtième siècle, quand les paysans de l’île devaient assurer leur mobilité (acheter des produits indispensables, vendre leur production) avec le continent et les îles alentour. Visite du très intéressant musée consacré au sujet et balade dans les rocailleux chemins des environs.
Puis nous avons remonté le saint Ante Kanal puis la rivière Krka en passant par le lac Prukljansko pour accéder au village de Skradin. Si le site lui-même est assez joli (bien que la marina réussisse hélas à gâcher en grande partie la beauté des lieux), que dire de la vallée de la Krka ? Le chemin de découverte du parc national, balisé et bien entretenu, nous permet d’admirer ici des chutes d’eau splendides, là des paysages naturels remarquables ou encore une petit musée ethnographique plein de charme. Bon, nous étions plusieurs centaines de touristes à faire le même parcours, à la queue leu leu, mais l’endroit vaut vraiment le déplacement !
Enfin, nous avons pu nous promener dans la vieille ville de Sibenik et admirer ses églises, places, ruelles et autres joliesses anciennes avant de fermer la parenthèse et de reprendre le train-train nautique. Un grand merci à notre chère belle-sœur pour son opiniâtreté et sa grande vigilance dans la lecture sans défaut d’un guide touristique bien connu et que, par souci de neutralité, nous ne citerons pas. Ainsi « guidés », nous ne nous sommes pas perdus et avons vu avec exhaustivité ce qu ’il fallait donc voir.
La météo des jours prochains semble suffisamment correcte pour une reprise rapide des hostilités. Nous étions hier et avant-hier à Rogosnika. Pixel tirait sur sa bouée en se tournant dans le sens du vent (opportuniste, va!) après une étape tranquille et peu ventée. Le village est blotti entre deux anses. Nous avons parcouru les chemins côtiers de chacune d’entre elle, profitant d’un calme et d’une tranquillité bien venue. Aujourd’hui, nous mouillons dans la baie de Vinisce, déjà visitée avec Maryline. Depuis hier après-midi, le vent s’invite dans la partie et grimpe à 15/18 nœuds avant de se calmer le soir. Ce « thermique » est idéal pour naviguer tout dessus avec de belles impressions. Demain, bricolage à bord et après-demain … après-demain ? Il sera bien temps d’y penser plus tard : l’abeille pense -t-elle au prochain nectar quand elle sniffe sa fleur ?
A bientôt donc, mais où ? Vous le découvrirez plus tard !