PAYS BAS, NATURE HAUTE(MENT) BELLE

Nous étions en Hollande pour vous parler de la Belgique et nous sommes en Allemagne pour vous conter les Pays Bas. Peut-être serons-nous au Danemark pour vous narrer l’Allemagne ?

Pays-Bas, pays des voiliers …

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Notre route initiale passait au large des îles de la Frise néerlandaise puis de la Frise allemande, sauf que. L’étape s’avère sans aucun abri possible sur plus de 85 milles et une météo peu favorable est annoncée  : nous prenons la tangente à Ijmuiden (port d’entrée d’Amsterdam) pour entrer à l’intérieur du pays afin d’en emprunter ses célèbres canaux. Nous avions déjà l’expérience de cette navigation bucolique et champêtre mais c’était il y a si longtemps que… parlons d’autre chose que du temps qui passe ( trop vite). Notre nouvelle route a traversé l’Isselmeer, la grande flaque intérieure que l’on voit sur les cartes, avant de bifurquer vers la belle cité de Leeuwarden. De là, nous avons suivi de petits canaux jusqu’à quelques encablures du port de Lauwersoog d’où nous avons attendu une fenêtre favorable pour tirer au large vers Norderney, une des îles de la Frise allemande. C’est de cette île que j’écris ces quelques lignes (pour la localisation : voir la carte envoyée par mail). L’étape entre Lauwersoog et Noderney a été rapide et agréable. Poussés par un vent de nord-ouest passant progressivement de 10 à 17 nœuds, aidés par un courant favorable qui, bizarrement nous a poussé plus de huit heures durant, nous n’avons mis que onze heures pour faire les 66 nautiques qui nous séparaient de notre destination, passage de l’écluse de Lauwersoog compris.

La soirée et la nuit passées le long d’un petit ponton, au bord de notre canal, peu avant Lauwersoog, ont été magiques. Silence total, beau temps, nature magnifique et, pour compléter le tableau, deux barges traditionnelles amarrées un peu plus loin. Une « quadra » hollandaise, sur un de ces bateaux, a attiré notre attention. Armée d’un genre de canne, elle lançait dans l’eau puis récupérait un « truc » brillant attaché au bout de son fil. Nous l’avons rejointe, nous demandant ce qu’elle pouvait bien pêcher avec l’engin.
Fin de l’énigme : il s’agissait d’un gros aimant. « Je cherche du métal dans l’eau » nous a-t-elle expliqué, nous montrant cet aimant qui pendait de sa ligne de « pêche ». Activité semble-t-il régulière chez elle. Son butin ? Deux pièces de 1  euro et une fourchette … véridique !

Pixel aux champs …

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Mais avant de parler paysage et autres curiosités, revenons, si vous le voulez bien, sur notre cheminement de marinier et de marinière. Un canal, c’est facile à suivre, à l’abri des vagues : il n’y a qu’à suivre les berges. Une « nav » tranquille donc, propice à la rêverie. Eh bien … QUE NENNI !!!
Un canal, c’est épuisant. Quelques ingrédients s’invitent pour corser la chose et la rendre parfois très compliquée. Parmi ceux-ci, notons en deux en particulier :
1 . Nous avons commis l’erreur de ne pas nous doter des cartes les plus récentes (les nôtres datent de 2001…) ni du dernier « Wateralmanach » néerlandais. Bilan : nous nous sommes retrouvés devant un pont soi-disant basculant mais qui s’est avéré être fermé définitivement au passage des bateaux mâtés. Demi-tour, casse-tête pour retrouver un canal ad hoc, profondeurs du canal « plan B » très très justes, et j’en passe.
2. En Frise, les canaux ne sont pas bordés de peupliers ou autres essences comme c’est souvent le cas dans le reste du pays, laissant le vent s’engouffrer en tourbillonnant. Rigolo sauf au moment de passer un pont. Il faut faire du stationnaire en attendant que l’opérateur arrête les voitures (ou les trains parfois!) et lève le pont. L’attente peut durer de deux minutes (rare) à plus de quinze. Quand le vent souffle de l’arrière ou pire à 150 degrés, les manœuvres deviennent stressantes : éviter les autres bateaux, éviter les deux berges distantes d’à peine 20 mètres, éviter de se retrouver sans solution de manœuvre trop prêt du pont : « ça le fait bien » à chaque fois, certes, mais il faut savoir qu’une étape de quatre à cinq heures peut représenter une quinzaine de ponts. Bonjour la fatigue nerveuse à la fin de la journée.

Ci-dessous, un moulin, un pont fermé, un canal et des bateaux : la Hollande, quoi !

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Les paysages, ici, ont d’abord une odeur. Celle des épandages fréquents de fumiers et purins de toutes catégories. On aime ou on n’aime pas les parfums de la campagne. Nous, on préfère ces effluves à celles pestilentielles, chimiques et beaucoup plus dangereuses, que l’on répand pour éradiquer les petites bêtes volantes ou trébuchantes. Nous ne sommes pas naïfs : une certaine firme dont les produits « inoffensifs » pourrissent nos sols et assassinent ceux qui les répandent, vend sans doute autant de produit ici qu’ailleurs dans le monde. Mais, bon. Puisqu’on vous dit que ça sent la m… et pas le Gl…, vous devez nous croire !

Une odeur mais aussi une impression d’espace infini. C’est large, large, large. On pourrait se croire en mer, loin des côtes quand on a comme décors : l’horizon au loin, du vert qui ondoie, un ciel pommelé et c’est tout.
Cette monotonie est quelquefois troublée par le vol d’un héron cendré, des oies et des canards sauvages qui prennent leur envol devant notre étrave ou encore par les silhouettes de jolies bâtisses aux toits de chaume (enfin, dont le toit de tuile est recouvert d’un chaume de décoration!) et aux jardins minutieusement entretenus avec leurs pelouses vert tendre en mode green de golf. De nombreux moulins également, comme neufs et en parfait état de marche. Les villes traversées sont autant d’occasion de s émerveiller. Le canal longe des maisons et des immeubles anciens aux superbes couleurs terre de sienne-ocre brûlé, d’adorables petits chemins piétonniers en pavés assortis. Nos coups de cœur pour la Frise : les bourgs  de Lemmer, Dokkum et la ville de Leeuwarden et . A visiter absolument !

Du canal, vue imprenable sur une curiosité « artistique » (noter les guillemets, merci).

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Nous sommes souvent seuls dans les canaux : peu de bateaux en cette saison, même si à l’approche des îles ou de la sortie vers le large, le trafic s’intensifie un peu. Les néerlandais ont une passion pour les bateaux traditionnels, anciens ou reconstruit à l’identique. Ils les entretiennent avec un grand soin et surtout, les utilisent. Naviguer ici, c’est parfois se retrouver en plein milieu du XIX° siècle quand les seules embarcations sur l’eau sont des « barges » en bois ou acier aux voiles cachou, flanquées de deux énormes dérives. Avec un ciel gris argenté et du vent dans les voiles, nous ne sommes plus très loin de nous trouver à l’intérieur d’une marine d’un grand maître hollandais !

Un de leurs splendides bateaux de travail des siècles derniers … et il y en a tant d’autres ! Notez le drapeau qui est celui de la Frise.

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On a aimé cette Hollande. Les Hollandais que nous avons rencontré sont assez difficiles d’accès même si, une fois la barrière franchie (je dirais même enfoncée parfois, tant le premier contact n’a parfois rien d’aisé …), ils se montrent attentifs et prêts à nous renseigner (mais pas toujours…). Belges attachants, hollandais … détachants ?

De notre séjour à Norderney, je vous parlerai la prochaine fois. Nous allons y rester quelques jours pour profiter du lieu et attendre (encore une fois) l’hypothétique livraison d’une pièce essentielle au bon fonctionnement de nos toilettes (!).

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