CHT’ITES MOUETTES

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Nous v’là dans le ch’Nord, à Boulogne sur mer, après quelques cht’ites étapes « rin » que normandes : Le Havre, Fécamp, Dieppe.
De ces trois-là, nous retiendrons le « chinois » du Havre, les splendides falaises de craie de Fécamp avec, à leur pieds, d’inimitables cabines de plages et enfin la jolie ville de Dieppe, animée et proprette. L’accueil dans les ports est … bon, on passe à autre chose. Pas d’aide au placement ni à l’amarrage, sauf à Dieppe mais là, ce sont les sanitaires aussi beaux et propres qu’inaccessibles puisqu’à cinq cents mètres du ponton (distance vérifiée avec les données «GMaps », en principe fiables !). Avec Boulogne, nous arrivons dans un autre univers. La ville est attachante et recèle de bonnes surprises.

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Parmi celles-ci, notons la qualité et l’extrême fraîcheur du poisson vendu sur un quai du port de pêche. On l’achète dans de petits cabanons situés  au-dessus du quai des chalutiers ou des caseyeurs. Ces étals sont au nom de chaque bateau Un chalutier nommé « la Mouette » ou « le saint Joseph » vous vend le poisson pêché le jour même ou la veille à des prix plus que raisonnables. La sole était succulente, merci.

Nous avons également apprécié le marché du samedi et le fait d’avoir  trouvé un charcutier traiteur d’exception ainsi qu’une bonne boulangerie-pâtisserie. Butinage gourmand, disions-nous : cela compte aussi pour rendre l’escale très agréable. Cerise sur le gâteau, pour rester dans la gastronomie, la boulangerie citée plus haut tient boutique devant les bureaux de la marina à moins de vingt mètres de Pixel. Devinez quoi ? Martine s’est portée volontaire pour aller chercher les croissants le matin. Étonnant, non ?

 

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Parlons un peu des bestioles . Les mouettes, rieuses ou pas,  sont des centaines et des centaines regroupées à Boulogne, protégées sans doute (elles nichent ici, nous a-t-on dit et il est interdit de toucher aux nids) mais surtout … envahissantes. Elle crient toute la journée, et « cht’ient » partout leurs fientes qui maculent voitures, parkings, trottoirs et pontons … Elles sont accompagnées par une cohorte déjà conséquente de cormorans qui s’aventurent souvent sur les catways branlants de la marina. Ajoutez les goélands qui trottinent sur les places en centre ville en compagnie des inévitables pigeons et vous aurez un tableau complet de la faune ailée du coin.

Nous ne visiterons pas l’aquarium « Nausicaa » cette année, ni le musée chateau. Nous l’avions fait quelques années auparavant et on peut dire que l’aquarium nous avait « bluffé ». Il est, paraît-t-il, le plus grand d’Europe.

A part cela, une  faune extrêmement abondante niche aussi dans le port : le Hollandais-Voileux en goguette. Dans une marina qui affiche complet tous les soirs (nous y avons passé quatre nuits), nous avons été  surpris de cette bien pacifique invasion. Sur vingt bateaux, une quinzaine sont néerlandais, les autres se partageant entre allemands, belges et anglais. Très peu de plaisanciers français font escale ici semble-t-il. Je compte les compatriotes visiteurs sur le doigt d’une main dans une marina de plus de soixante-dix voiliers. Tout ceci nous donne, au moins quand nous sommes au port, l’impression d’être déjà arrivés dans une marina hollandaise … un acompte sur l’an prochain, n’en doutez pas !

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Nous sommes maintenant à Dunkerque où nous avons trouvé un ber sur lequel Pixel pourra poser ses fesses jusqu’au printemps prochain. Avant sa mise à terre, nous  profitons de la dizaine de jours qui nous en séparent  pour prolonger les travaux entrepris en mai -juin, à Paimboeuf. Étanchéité, électricité, nettoyage des bordés, vernis craquelés : nous sommes fatigués de réparer ! Mais si l’on considère que l’état général de Pixel est infiniment meilleur à ce jour qu’il ne l’était les années précédentes, alors, nous pouvons dire que nos efforts n’ont pas été vains. Nous venons de rajouter un splendide plancher en (faux) teck sur le bridge-deck (entrée de la descente) et de repeindre le capot de la baille à mouillage qui ne ressemblait plus à rien … vidange, désarmement, et rangements : Pixel sera bientôt OK pour affronter sur son terre plein, le rude hiver nordique.

Incorrigibles, nous étudions déjà les cartes et guides de la Hollande et de l’Allemagne  pour le mois de mai 2019. Le bilan de cette année est rapide mais très positif .

Citons pêle-mêle :

Une bonne navigation à la voile dans des vents modérés mais présents ( 90 heures de moteur pour sept semaines de navigation, très en-dessous des heures des années précédentes même en tenant compte d’une durée moindre de navigation). Nous avons profité de l’état de la mer qui, par dix nœuds de vent, reste très négociable et nous a permis d’aligner quelques belles étapes de près et de louvoyage, aidés par le courant que nous utilisions pour tirer des bords très, très près du vent . Notre grand-voile, recousue au Crouesty, nous tire encore pas mal pour une vieille dame.

Un bateau dans lequel « tout marche » bien, ou presque ! Martine a pu jouer avec notre nouvel AIS (oh, t’as vu, »Athena » nous suit avec une meilleure vitesse que nous, règles tes voiles !) qui nous sert aussi pour une meilleure sécurité (tiens, ce gros navire de commerce vient de sortir du port et embouque notre chenal à la vitesse de 14 nœuds …  prudence, serrons les bords !). Le sondeur sonde, l’anémomètre indique, le loch et le speedo mesurent … à ce propos, nous avons fait 1002 milles nautiques (1855 kilomètres à la louche) depuis le départ de Paimboeuf à la moyenne de 5,2 nœuds. D’une banalité à pleurer diront mes copains navigants. Sauf que sur Pixel, plus rien ne marchait.

Un océan et une Manche retrouvés. Nous avons croisés de superbes bateaux, des protos, des voiliers de course, des  vieux-mais-en-bon-état, des petits, des grands, des bricolés et des luxueux. Nous avons été accueillis par des gens qui connaissent la mer et la respectent, avons longé des côtes parfois inhospitalières, mal pavées, agitées de forts courants  mais bien balisées.  Nous nous sentons plus en sécurité dans ces eaux qu’en méditerranée avec ses coups de folie et son vent qui ne connait généralement que le calme plat ou la crise de nerf. Ni orages violents et rafaleux, ni moustiques obstinés … nous nous sommes sentis bien.

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S’il fallait regretter quelque chose, ce serait sans doute une étonnante absence de rencontres. Naviguer dans son pays ne facilite pas les contacts : les plaisanciers  fréquentent assez souvent des gens « du même port d’attache »et snobent un peu ceux qui ne sont pas  » du coin ». Quant aux étrangers, très présents cet été sur le littoral, ils restent chez eux c’est-à-dire dans leurs bateaux. Nous sommes nous aussi sans doute responsables de cet état de fait mais c’est, promis, à l’insu de notre plein gré ! Autre regret qui n’en est pas vraiment un puisque nous savions dès le départ que nous n’allions emprunter sur des routes déjà parcourues : nous n’avons que très peu connu l’excitation de découvrir … une île, un pays, un mouillage, etc. Sont restés le grand plaisir de croiser de nouveau sur une côte si belle … et d’avoir été dans l’obligation de lever le pied et donc, de prendre le temps de soigner le bateau, sans compter une belle semaine avec notre équipière Odile !

Le dernier mot sera pour remercier Bernard, Chantal, Yves et Dominique : leur précieuse aide logistique, en mai et juin, nous aura permis de transformer un été programmé « galères » en un beau périple. Périple qui en appelle un plus grand, plus fort et plus nord !

A l’an prochain, donc.

 

 

Une réflexion au sujet de « CHT’ITES MOUETTES »

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