Après un long, très long parcours sous la botte italienne, commencé à Taormina en Sicile, poursuivi péniblement en Calabre, nous arrivons au terme d’une traversée sympathique du golfe de Tarente, dans une région de l’Italie d’une très grande beauté : Les Pouilles.
Notre remontée de la Sicile par la face Est est tranquille, trop tranquille : le vent joue les abonnés absents depuis quelques temps et notre vaillant Volvo fait ce qu’il peut pour nous permettre d’avancer. Vibrations et surtout dégagement de chaleur important sont au menu alors que la canicule nous tombe dessus : le carré de Pixel passe de vingt-cinq degrés à trente-cinq et plus ce qui rend pénible toute progression. Nous visitons Taormina et ses ruelles, nichée une bonne centaine de mètres au-dessus du mouillage. La petite ville serait agréable si le tourisme de masse n’y sévissait pas avec autant d’agressivité. Imaginons une rue principale (bâtisses anciennes, petites allées perpendiculaires) dont chaque pas de porte est une « boutique » pour touristes. Bien. Imaginons maintenant un, deux, trois, …dix cars ayant déversé chacun leur troupeau (de Français, de Russes, d’Allemands, de Japonais, etc.), dûment numéroté comme nos bovins dans le pré : oui, chacun porte sur lui son numéro de bus. Il ne manque plus que le chien de berger pour les faire avancer en ordre, quoique certains « guides » s’y emploient avec force aboiements, leur bras armé d’un fanion coloré tendu en l’air. Que peuvent donc voir ces pauvres errants que l’on crétinise en leur faisant croire qu’ils « visitent » un endroit uniquement peuplé des autres groupes de croisiéristes (ah, le plaisir de se croiser dans la rue maintenant bondée de Taormina !). D’ailleurs, nous ne voyons également que les hordes qui nous cachent la vue…et, après avoir filé à l’anglaise dans des petites ruelles adjacentes mais vides, nous repartons dare dare de cet endroit .
Comprenons-nous bien, nous n’avons rien contre le tourisme, étant nous-même des « touristes », même si d’un genre un peu plus « voyageurs » que la moyenne. Nous avons plaisir à partager avec d’autres touristes la découverte de tel ou tel lieu. Ce qui est ici remis en cause, c’est ce tourisme de masse qui rime trop bien avec tourisme « à la masse ». Des commerçants finauds ont bien compris les bénéfices qu’ils pouvaient faire avec ces hordes de personnes qui s’offrent pour assez peu d’argent des balades organisées en Avion+Bus ou en Costa Croisières. Des bateaux hauts et moches comme des HLM, enlaidissent le paysage (honte absolue quand ils arrivent dans la lagune de Venise par exemple!) et déversent leurs « croisiéristes » par milliers pour boucher les rues et perspectives…plus le village « typique » est petit, plus le gag est gros : se visiter soi-même, quel programme !
Bon, reprenons nos divagations purement nautiques. La remontée de la semelle de la botte, à savoir la Calabre, a été longue, très chaude et donc pénible. C’est aussi ce qui fait tout le charme de l’aventure : les « oasis » que nous découvrons au bout de l’étrave n’en sont que plus belles. Étrange contrée que cette Calabre sauvage, aux montagnes désertiques et écrasées de soleil, aucun port sur plus d’une centaine de kilomètres malgré quelques villes au bord de l’eau, improprement dénommées marinas. Après un mouillage incertain devant Crotone, escale à Ciro, port sale et délabré, ambiance « limite », la pire du périple. Les oasis attendront le lendemain !
Car après l’effort, place au réconfort : Gallipoli, Monopoli, Ostuni, les trulli … RAVIS !!!
Nous voilà donc dans le charmant port de Gallipoli, La Puglia (mot plus joli que « Pouilles », non?). Important port de pêche, vieille ville très jolie et très animée par les nombreux vacanciers italiens arrivés en ce début du mois de juillet. Nous sommes encore du côté de la mer Ionienne et, cerise sur le gâteau, nous touchons enfin du vent qui va nous permettre le lendemain, de faire de belles glissades sous spi et une jolie mais très tonique étape de louvoyage avec un bon force 4 établi, une mer cassante agité d’un gros clapot et des options de navigations techniques. Galère ? Non, plaisir de la voile, les voileux étant plus ou moins aussi, des masochistes !
Après Gallipoli, un stop dans une marina à Brindisi nous permet d’aller, en train, visiter la ville de Lecce à quelques dizaines de kilomètres du port. Ah, Lecce !
Outre son architecture unique et flamboyante, c’est son atmosphère qui, comme d’ailleurs Gallipoli puis Monopoli ensuite, nous a le plus touché. Sérénité, gentillesse des habitants, ces endroits sont une invite permanente au bonheur de vivre. Les rues sont pavées de magnifiques pierres, la ville respire une organisation et une propreté dont nous avions perdu l’habitude, même si ceci n’est pas forcément un critère décisif dans le choix de nos coups de cœurs.
De nombreux monuments, églises mais aussi palais divers et variés, sont sculptés dans la pierre locale. Celle-ci est tendre et très facile à creuser ce qui permet aux sculpteurs de prouver leur virtuosité. Las, cette même pierre tendre s’érode très vite et il faut bientôt recommencer le travail dont l’aspect de neuf disparaît assez vite. Bilan : une ville magnifique !
Nous profitons de la douceur et de la beauté de Monopoli pour nous arrêter quelques jours. Une journée en auto nous permet de découvrir les Pouilles de l’intérieur : Alberobello, célèbre pour ses Trulli : habitations aux toits de pierre ronds, certains trulli eux-mêmes sont également ronds, un peu des yourtes en dur, quoi ! Visite d’Ostuni, un bourg haut perché et … blanc comme neige, ruelles étroites encadrées de murs d’un blanc immaculé. Splendide mais la canicule rend la visite pénible. Une chaleur écrasante nous cloue au sol, aidée par les murs blancs qui réfléchissent encore un peu plus un soleil de plomb. Beau mais à visiter en mars ou avril !
TURLUTUTU …
CHAPEAUX POINTUS !
TRULLI à Alberobello
OSTUNI
A L’OMBRE : 35 °
RUES CHAUDES, TRÈS CHAUDES …
Cette étape avant la Croatie restera un des grands moments du périple : les Pouilles, c’est exceptionnel ! Ce que semblent avoir compris de nombreux compatriotes : les quelques touristes étrangers croisés parlent à peu près tous la langue de Molière.
Bientôt d’autres petits ports avant la traversée mais pour le moment, c’est apéro avec le voisin de quai. Allez, à plus !
A bato, à treno, à auto ma non a velo (pour une fois !)
Ambiance départ…
« ITALIAN » STYLE !!!
Toutes mes excuses pour l’interruption momentanée du service des commentaires !
Quel beau voyage! Quelle belle croisière!
Le plus bas où nous étions allés en 1975 était Brindisi où nous avions pris le bateau pour Patras en Grèce. Nous n’avions qu’une vieille 4L et un canadienne et nos 23 ans !!!
Vous auriez presque pu aller à Corfou . A partir d’où quittez vous la côte italienne . Ire-vous à Dubrovnic?
Le 17 nous étions avec les enfants à Martigues chez ma sœur qui fêtait ses 70 ans. La grande piscine n’a pas désempli!!! A bientôt
Max et Annie