DIS, T’AS VU MONTENEGRO …NON J’AI VU MONTER PERSONNE

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Tout de suite, et pour ne pas traumatiser les moins de cinquante ans, ceux-ci se reporteront utilement à la chanson d’Annie Cordy dont le titre de ce jour est détourné … légèrement.
Donc, nous sommes au Monténégro, précisément dans les -célébrées- bouches de Kotor.
Kotor, j’adooore. Mais pas tout :  l’entrée est belle, la première partie des bouches, constituée du premier plan d’eau, … moins.

Des grands immeubles, usines et autres gros bateaux de très, très riches encombrent un site qui serait plus goûteux à l’état sauvage. Le deuxième plan d’eau répond, lui, à nos attentes : les montagnes sévères de l’arrière-pays tombent à pic dans les eaux noires de l’Adriatique, un mince rivage parsemé de villages aux maisons alignées le long des rives, quelques ilots coiffés de monastères et enfin, des dizaines et des dizaines d’églises. Catholiques, orthodoxe, russes ou je ne sais quoi encore, elles nous indiquent un passé consacré aux cultes. Les remparts de la forteresse de Kotor, construits sur d’invraisemblables pentes par des ouvriers acrobates, nous rappellent aussi, hélas,  le passé guerrier de la région.

Pixel est très à l’aise sur ces eaux  protégées qui offrent des abris sûrs. Il se repose après une traversée « comme- on- voudrait-en-avoir-toujours » : tout à la voile, force 3 au bon plein, mer belle, 5,5 nœuds de moyenne et un équipage en pleine forme, du départ à l’arrivée : les navigants apprécieront . Puisqu’on parle de l’équipage, il va bien, merci !

Rien ne l’arrête, pas même les soucis matériels, le temps hasardeux ou les aléas d’une navigation hors sentier battu. Riche rencontre à Bari avec Alain et Anne, plaisanciers au long cours vivant à bord de leur joli canote toute l’année. Ils sont presque devenus des vrais « barisiens » et se fondent dans la population locale avec bonheur. Nous échangeons nos infos, eux sur la Grèce, nous sur la Croatie devant l’inévitable et très sympathique « apéro-vous resterez bien manger les pâtes » qui ponctue généralement ce genre de rencontre.  Pierre découvre à l’occasion à quoi peut ressembler une rencontre entre vagabonds nautiques … en espérant qu’il n’en restera pas traumatisé à perpète !

Bari est une grande ville foisonnante et décontractée qui nous a permis d’entraîner nos guibolles, le chantier où se trouve Pixel étant à plus de 45 minutes du centre. Par un jour de grand soleil, un saut sur les voies ferrées de Trenitalia nous a amené jusqu’à Polignano a Mare, charmante bourgade médiévale perchée sur les rochers spectaculaires de la côte. Nous avons cheminé par d’adorables ruelles bordées de bâtisses anciennes fraîchement retapées, découvrant au hasard de notre déambulation, de vieilles églises et des points de vue splendides sur la grande bleue.

Le lendemain et après une étape tranquille , bien que motorisée, nous avons pu partager avec Pierre, notre attachement à Monopoli, port découvert l’an dernier et que nous aimons tant. Notre matelot sait maintenant pourquoi …

La visite du Monténégro se poursuit, dans l’attente d’une fenêtre météo favorable pour repartir sur l’Italie du sud, Brindisi en principe. Après Kotor et son « fjord » étonnant, nous repartons pour Herceg Novi puis Budva le lendemain. Nous longeons une côté escarpée. Les sommets alentours sont hauts, puissants, sévères. La végétation ressemble à celle que nous avions connu en Croatie mais paraît plus sauvage, moins avenante. De rares villages se cachent dans des vallées encaissées.

De larges immeubles défigurent le littoral à certains endroits. Certains ne sont pas terminés et ne le seront sans doute jamais : des façades lisses et grises aux fenêtres sans vitres, avec ou sans leurs toits, aucun chantier en vue…

Programmes immobiliers délaissés par des investisseurs mafieux ? Biens ayant appartenu à des populations « non souhaitées » dans le pays après les dernières guerres serbo-croato-bosniaquo-kosovares ? Faillites commerciales banales ? Pour nous, qui aimons bien tout comprendre et tout expliquer, ce pays restera un mystère. Notre envie de rencontres avec les gens du coin se heurte à une grande difficulté de communication : les visages sont le plus souvent fermés, les sourires, quand ils parviennent enfin sur les lèvres de nos interlocuteurs, ressemblent parfois à des rictus. Nous ne sommes pas dans un pays « facile » comme dirait Lavilliers, Bernard. Nous ne regrettons pas une seconde d’être là, c’est la grandeur et la beauté du voyage que de ne pas se soumettre à nos fantasmes et autres représentations : T’as vu monter – négro ? Nous n’avons effectivement vu monter personne …

A l’heure où s’écrivent ces lignes, il pleut des cordes, style pluie tropicale et les fichiers Grib sont en berne avec plein de flèches oranges et rouges dans le mauvais sens ! il est temps de ne pas trop bouger…. hélas !

Et dire que pendant ce temps-là, il y en a qui bossent à quelques encablures plus au nord-ouest de notre position. J’ai même cru comprendre qu’une certaine venait enfin de lancer dans le grand bain son nouveau bébé. Un bébé qui, nous l’espérons, va bientôt grandir car il est vraiment prometteur. Pensez, un projet pédagogique d’envergure, appuyé sur les dernières théories du développement de l’enfant et les « vieilles » pratiques innovantes de la méthode Montessori. Cela va bouger chez les maternelles de Marseille, enfin, dans UNE maternelle de Marseille pour être précis. Envie d’en savoir plus et d’apporter votre éventuel soutien ? C’est ici que ça se passe :     https//fr.ulule.com/2ailes-aux-maternelles/

 Allez vite voir et soutenez cette initiative pleine de promesses !

La suite au prochain numéro. Celle-ci sera sans doute italienne, si Eole veut bien nous gratifier d’un vent portant et modéré. : retour« a la nostra casa » !

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