Eh bien voilà, nous avons quitté la Grèce ! Poussivement poussés par un souffle d’air asthmatique, nous retournons sur la terre italienne, quittée un an plus tôt en mai 2016. L’occasion d’expérimenter l’idée de contraste en voyage …
Partant très tôt le matin d’un mouillage certes très joli mais complètement envahi, nous nous dirigeons vers Santa Maria de Leuca, à l’extrême pointe du « talon » de la botte italienne. Ces derniers jours, nous avons retrouvé les Ioniennes avec plaisir. Notre premier coup de cœur grec l’an dernier ne nous a pas déçus … quoique . Nous avions, l’an dernier, parcouru le coin à la fin du mois de mai et c’était un enchantement. Cette année, dans la deuxième quinzaine du mois de juin, nous constatons sur la mer ionienne, un trafic absolument intense : voiliers, vedettes, ferries et autres yachts griffent la grande bleue de leurs sillages, remplissant les mouillages et les rares marinas. Les bateaux évitent comme ils peuvent, les ancres papotent entre elles d’un peu trop près, bref, nous sommes en été et en Méditerranée. Les rivages quasi déserts de la Crète sont oubliés de même que la tranquillité des Cyclades. La Grèce s’apprécie en mai, sans doute en septembre ou alors dans les coins mal pavés ou peu recherchés comme le Péloponnèse et le golfe de Corinthe plus secrets et à l’écart.
Contrastes, vous avez dit contrastes … A l’arrivée à Leuca, il n’y a pas (ou très peu) de bateaux en transit. Le quai est occupé par les chalutiers du port et la ville semble assoupie. Un détour à la « gelateria » artisanale nous rassure : l’Italie restera définitivement cet endroit où nous pouvons déguster une glace somptueusement bonne pour un ou deux kopecks.
Attirés par l’idée de visiter Matera, nous nous engageons dans le golfe de Tarente. Escale à Gallipoli, ville adorable, pour nous gaver de « Gamberini » achetées vivantes à 10 euros la cagette pleine (3 ou 4 kilos quand même …) puis Tarente, ville sale, polluée et peu accueillante de laquelle nous embarquons en car pour Matera dès le lendemain.
Comme ils disent chez Michelin, Matera vaut à elle seule le voyage ! Nous restons cois devant cet enchevêtrement de maisons bâties en partie dans la roche. Le canyon dans lequel se trouve la ville est truffé de grottes. Les premiers habitants du néolithique ont occupé ces lieux avant que d’autres prennent le relais jusqu’à … nos jours. Pas seulement en occupant un habitat troglodyte au sens strict du terme : le tuf est une roche tendre propre à une intervention de l’homme. Les habitants ont donc creusé de nouveaux abris en les parachevant par des maçonneries. L’ensemble paraît très étendu. Nous nous attendions à quelque chose de moins développé. Les « Sassi » , nom par lequel sont désignés ces habitations, s’étendent en plusieurs quartiers de forte déclivité et sur une surface importante.
Le jour de notre visite, nous étions assez peu de touristes à parcourir les ruelles et rues de cette merveille ce qui ajoutait au plaisir de la découverte. Les habituels commerces à « toutous » sont bien sûr présents mais, cas rare, pas envahissants du tout. Charmés nous fûmes.
Depuis Santa Maria de Leuca, nous ne croisons quasiment plus de voiliers ou de vedettes : un ou deux par jour, pour des étapes de 50 à 60 milles. Ce bassin de navigation est à l’écart des routes de transhumance « est-ouest ». Il semble être mal équipé pour l’accueil des voiliers par la distance longue entre les ports et par le sous-développement des infrastructures. Sur ce point, une très belle surprise : outre Gallipoli, abri correct et bien équipé, nous découvrons la marina de Policoro, à 25 milles au sud-ouest de Tarente. Très équipée, luxueuse même, accueil très sympathique du personnel de la marina … laverie automatique, minimarket, … excellent escale technique donc et très bon marché de surcroît ! Oublions Tarente, … à fuir.
Nous arrivons à un moment de notre périple où s’opère un choix de route. Par la Sicile ou par la côte italienne ? Soit nous manquons le sud de la Sicile, soit nous manquons la côte amalfitaine. Nous remontrons sans doute par le sud de l’Italie. Paestrum, Pompéi, Les Iles Pontines valent bien une visite ! Confortablement installés à Crotone, nous en profitons pour recharger la cambuse du bord et attendre une météo tranquille (nous risquons d’attendre longtemps si j’en crois les fichiers disponibles !). Cette ville calabraise est agréable et facile à vivre, surtout comparée à Tarente : plages sympas, vieille ville tortueuse à souhait, port agréable avec du personnel accueillant, ne manque même pas un superbe marché où nous nous régalons des productions locales, » la frutta e la verdura », comme on dit là-bas.
Nous aurons tout le mois de juillet pour remonter jusqu’à l’île d’Elbe, notre objectif final avant de retrouver la Corse et sans doute aussi, un peu du nord Sardaigne que nous aimons tant.
Réponse à la question de l’actualité précédente : il s’agit d’un horodateur « work in progress », sachant qu’il n’y a eu ni travail, ni progrès. Donc, l’objet n’est pas fini, rouille et se couvre de végétation. Bravo à notre lecteur Daniel dont la réponse est indirectement la bonne ! Tire-lire : c’est un peu cela, non ? (on devrait d’ailleurs dire tire-euro !) Bravo aussi à Emilie qui avait trouvé la bonne réponse mais ne s’est pas manifestée sur le site.
Aujourd’hui, pas de devinette mais une photo de l’Italie qui nous plaît … humour, recyclage et culture … tout cela sur un cendrier public. Étonnant, non ?
Pas de devinette ? Mais c’est qui, le type sur la boîte ? J’attends vos réponses !