Pour les non-navigants, le titre joue sur le mot panne et « pan » qui, répété trois fois sur la radio, canal 16 et en procédure d’urgence, indique que le bateau subit une avarie (ne mettant pas en cause dans l’immédiat, la vie de l’équipage ni l’intégrité du navire) et qu’il demande assistance. Rassurons tout de suite le lecteur, nous n’avons pas déclenché de « pan, pan, pan » à la radio VHF et nous nous portons bien. Par contre, en ce qui concerne les « pannes », celles-là se portent encore mieux, hélas : pannes, pannes et re – pannes.
Depuis notre départ de Missolonghi, en avril et en Grèce, une avalanche d’incidents nous tombe dessus régulièrement. De toutes petites choses telles un faux-contact, une petite pièce qui casse, une vis à bloquer … mais aussi des ennuis plus gênants comme la défaillance d’appareils électroniques d’aide à la navigation. Nous n’avons ainsi plus de sondeur depuis deux ans, plus de girouette-anémomètre depuis cette saison (elle nous manque cruellement) et plus de VHF fixe depuis quelques semaines (vétusté pour ce cas-là). Un abordage (violent sans doute) dans un port mais dont nous n’avons pas été témoins, a éclaté l’embase d’un chandelier bâbord en tordant le rail de fargue, fragilisant nos filières et nous obligeant à une réparation de fortune … qui tient quand même depuis deux mois ! Une embase de chandelier de Feeling que nous aurons sans doute beaucoup de mal à remplacer, ce modèle ne se faisant plus depuis des années.
Un quai coupant, un ressac pervers sont venus à bout de deux de nos amarres, complètement cisaillées. La liste se poursuit avec le filoir arrière bâbord cassé en deux par … la vieillesse, un ressac brutal (vive le ressac méditerranéen …) et une marée plus basse que prévue à ce moment-là.
Si nous espérions en avoir terminé avec ces menues tracasseries … nous nous trompions. Le 13 juillet, nous partons de Cetraro, en Calabre, pour rallier Maratea, en Basilicate. A quatre milles du port (7 kms) le moteur perd ses tours et ne les retrouve plus. Retour à la case Cetraro, intervention d’un « meccano » pendant trois jours … pour une réparation chère et qui nous laisse …. dubitatifs. A l’heure où s’écrivent ces lignes, le moteur tourne à peu près et nous poursuivons la route vers la baie de Naples via le charmant port de Maratea, avant une virée à Procida (merci à Yves et Dominique pour leurs précieux conseils !) puis les îles Pontines et enfin l’île d’Elbe avant la Corse.
Clac ! divorce brutal entre partie droite et gauche …
Re-clac ! Le rail de fargue, c’est la barre alu ajourée et l’embase, ce qui » tient » le chandelier en inox…
Chers lecteurs, vous êtes nombreux à nous dire « faites-nous rêver » ce qui n’est pas le cas cette fois-ci, j’en conviens. Promis, juré, c’est la dernière fois que nous vous racontons l’envers du décor. Eau transparente, bains tièdes, cappuccino en terrasse, vues sublimes sur une nature magnifique ou encore visites culturelles passionnantes … tout cela se mérite et passe par la case « vie en mer sur un bateau à voile ». Les amis qui nous ont fait le plaisir de partager un bout de l’aventure et ceux qui naviguent savent ce que nous voulons dire par là ! Toujours enrichissant, souvent exaltant mais parfois … déstabilisant !
Perplexe, perplexe … vous avez dit perplexe ?
Un petit mot sur la route : le sud italien commence à nous peser ! La Calabre rime hélas avec délabre ou palabre quand ce n’est pas macabre… Nous trouvons peu d’intérêt à ces endroits que nous espérons quitter assez vite si la mécanique veut bien nous donner un coup de pouce. La météo est assez indécise : le vent ne souffle pas toujours comme prévu dans les modèles météo et en a surpris plus d’un ces derniers jours. Notre périple a parfois pris l’allure de virée aux portes de l’enfer : villes sinistres et décaties, ambiance pesante et comme sous emprise (oui, la « pieuvre », ici, n’est pas un fantasme !), arnaque parfois même si nous avons rencontré quelques personnes serviables et sympathique. L’une d’elles nous a aimablement convoyé en voiture pour nous aider dans nos emplettes. Mon italien (merci à Laure et à Antonella) me permet d’engager la discussion avec ce brave homme. L’échange se termine par cette belle mais accablante sentence proférée par notre chauffeur : Calabria ? Bella ma cruda ! (la Calabre ? Belle mais cruelle, rude). Ce qui nous a le plus choqué est la vision de ces innombrables départs de feux de forêt vus sur des centaines de kilomètres : de Taormine à Messine en Sicile, les mêmes en face vers Regio de Calabre puis sur toute la côté de Schilla à … Maratea qui n’est plus en Calabre, soit largement plus de cent cinquante milles nautiques. Nos collègues de rencontre se sont tous étonnés également de cette situation. Aucun pompier aperçu, un « Canadair » nous a survolé mais il n’était manifestement pas en opération. Forges de vulcain et autres cercles de l’enfer pas loins, vous disais-je !!!
Ci-dessous, deux ou trois images sur la trentaine prise le long des côtes …
Mais qu’est-ce que nous fichons ici ?
Le retour, cher lecteur, le retour … plus toutes les merveilles que nous espérons voir un peu plus au nord ! On vous raconte tout ça la prochaine fois !
Bonjour, nous suivons votre voyage, et aussi vos déboires. Un avis sur la panne moteur: un diesel qui ne monte pas dans ses tours ca peut être la coude d’échappement qui se bouche (Volvo préconise le remplacement tous les 5 ou 7 ans) ou plutôt un réservoir encrasse par les bactéries qui vient colmater le filtre. À démonter et à nettoyer.
Sinon, nous terminons notre tour du Péloponnèse, et nous sommes passés par toutes les Cyclades en évitant soigneusement Santorin grâce à vos conseils
Bonne nav retour (sans pannes)
Christophe et Annie
Ciao carissimi,
mi spiace molto per tutte le disavventure e tutti i danni che state avendo.
Spero che riusciate comunque a rilassarvi e godervi il mare meraviglioso del sud Italia.
Purtroppo questa cosa orribile degli incendi si ripete ogni anno.
Sono gli stessi abitanti del posto che creano questi disastri, qualche volta qualcuno viene preso dalla polizia ma il più delle volte non trovano nessun colpevole!!!
Non faccio altri commenti!!
Vi abbraccio e vi auguro di proseguire senza ulteriori danni la vostra meravigliosa vacanza.
Elena
Je ne vous serai d’aucune aide en ce qui concerne les pannes de votre bateau, même les termes employés me sont totalement étrangers !!! en revanche, quand vous parlez de cappuccino ou de gelati alors là je comprends… que la suite se passe le mieux possible et que les eaux méditerranéennes continuent à vous charmer. Qui donc est le personnage sur les cendriers ?
Bises
Thérèse
un filtre à air colmaté peut donner ce genre de problème, j’ai eu cet incident sur un fourgon, moteur poussif et fumées noires.
faire tourner le moteur sans filtre à air permet d’être rapidement fixé…
on attend de meilleures nouvelles de votre part, bonne continuation
L’origine de vos problèmes ne serait il pas tout simplement sur une boite de conserve en fond de cale ?? Arg !
Bon courage ! Bises. Seb.
Bonjour à vous 2,
Oh là là que d’avaries !! Cela fait vraiment beaucoup pour un seul équipage !
Nous souhaitons qu’enfin elles cessent et que vous puissiez à nouveau naviguer tranquillement.
Ici le temps est très instable sur les Alpes et nous attendons une lucarne de 2 jours pour faire une course en Maurienne, à partir du refuge des Evettes.
Merci pour les photos qui nous font toujours rêver.
Odile
Des bises à vous deux, en espérant que malgré ces pannes successives vous profiter de votre voyage.
Bon courage en tous cas !