ELBE ET NUIT MAGIQUE COMME ULTIMES CADEAUX DE LA GRANDE BLEUE

IMG_8643C’est de France que j’écris ces quelques mots. Dernières lignes ou presque pour une dernière ligne droite ! Pixel est mouillé devant Menton, une ville  chaleureuse où nous voulions passer avant de conclure cette longue balade sur la grande bleue.

Mais avant de parler « boutique », place aux chiffres !

2100 c’est, très approximativement et en mille nautiques, la distance parcourue depuis le 25 avril et 150 milles, la distance qu’il nous reste avant de passer entre les deux forts de Marseille, lieu symbolique d ’une arrivée que nous aurions pu situer plus précisément à Port Saint Louis du Rhône. Si nous arrivons au bout de ce périple (rassurez-vous, c’est bien ce que l’on compte faire !), nous aurons parcouru au total à peu près 4 000 kilomètres, à une vitesse comprise entre … disons, 5 et 12 kilomètres à l’heure. La moyenne des moyennes de toutes nos étapes se situe entre 7 et 8 km/h. Votre serviteur n’est pas du tout accro aux chiffres et aux moyennes mais une fois en passant , pourquoi pas ? Ces mesures de temps vous donnent également le rythme de notre voyage. A part les bus que nous utilisons souvent pour nous rendre sur des sites à l’intérieur des terres, nous ne progressons que très doucement et cela, pendant des mois ! Ne vous laissez pas abuser par les performances hallucinantes obtenues par les coureurs au large : ils chevauchent des engins qui volent quasiment et sont à la pointe du progrès technique, sans compter l’immense compétence mise en œuvre pour mener, souvent seuls, des bateaux de plus de 18 mètres de long, à une ou plusieurs coques, passablement sur-toilés ! Donc, nous avançons deux fois plus rapidement qu’un marcheur mais deux fois moins vite qu’un cycliste. Ce qui tombe assez bien, puisque nous aimons aussi pratiquer ces deux activités. Précisons que les vitesses et moyennes annoncées sont peu ou prou identiques aux moyennes et vitesses de nos copains voileux (les moins « voileux », je veux dire ceux qui démarrent le moteur à la moindre occasion, pourront trouver ces chiffres inférieurs aux leurs mais … bon, je n’en dirai pas plus !). Que c’est lent ! Direz-vous … que c’est bon ! Répondons-nous quand une jolie brise nous propulse par sa seule force vers notre prochaine étape, sans avoir à dépenser d’énergie fossile et sans (trop) d’efforts ! Au moyen-âge, le transport maritime – fluvial et côtier – était le meilleur moyen de transporter les marchandises d’une région (ou d’une cité) à une autre. Capacité à embarquer des charges trop lourdes pour les chariots, routes plus sûres, à l’abri des brigands de grands chemins ou tout simplement plus rapides : tels étaient les atouts de la voile et de la rame. Ils allaient à la même vitesse que nous en ce moment (Dame Martine, filant la laine dans le poste avant, acquiesce !). Mais, pour continuer à filer la métaphore laineuse, revenons à nos moutons.

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Ceux-ci paissaient en mer il n’y a pas si longtemps, au large de la baie de porto Azzuro. Baie dans laquelle  Pixel tirait gentiment sur sa chaîne d’ancre. Nous sommes restés à Elbe une grosse semaine, le temps de laisser passer le grand frais prévu sur la zone et ses voisines avant un retour sur nos côtes, ce 15 août. Nous avions visité l’île  quelques années auparavant quand le calendrier lié au travail commandait plus autoritairement nos déplacements estivaux. Nous aimons profondément ce lieu qui n’est ni le plus spectaculaire, ni le plus chargé de culture que nous ayons visité. Il est parfois difficile d’expliquer en quoi un endroit vous émeut plutôt qu’un autre. Ici, nous ressentons une grande sérénité et admirons une nature généreuse, très proche de celle de la Toscane voisine : cyprès, pins parasols grandioses, palmiers verts sombres, chênes bien verts ou arbousiers auxquels s’ajoutent les figuiers, oliviers et autres vignes qui font une partie de la richesse du coin. Les baies sont profondes et bien abritées tout autour de l’île, certaines bordées de plages ni trop longues, ni trop bruyantes. La fréquentation touristique y est forte en ce mois d’août et c’est bien normal vu la qualité de vie qui règne ici. Paradoxalement, tout cela reste assez discret. Ce n’est pas un tourisme « vacances boum-boum sur la « spiaggia » avec sono à fond et jet-ski furieux ». Il est vrai que l’île possède des atouts naturels aguichants : le patrimoine naturel et les sentiers sont mis en valeur et entretenus. Nous trouvons ici autant de randonneurs à pied ou à vélo que de forcenés du bronzage. De ravissants petits bourgs se cramponnent à des collines non moins charmantes. Nous avons testé la rando en montagne   en faisant l’ascension du point culminant, le mont Capanne, 1046 mètres, depuis le village de Poggio, 350 mètres (une merveille que ce tout petit bourg isolé sur sa montagnette). Ce fut très agréable même si le sentier, bien tracé, part un peu trop « tout droit dans la pente » avec des marches en blocs de rocher, hautes et fatigantes. La vue au sommet est très belle, inutile de le préciser ! Pour conclure, je conseillerai à nos lecteurs de faire une virée dans l’île, de préférence au printemps ou en fin d’été : ils ne seront pas déçus. Nous disons à nos copains navigants qu’ils devraient aller traîner l’étrave de leurs voiliers là-bas, s’ils ne l’ont pas déjà fait.

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Le mouillage de Porto Azzuro … peuplé mais idyllique !

Le retour en France s’est effectué par Macinaggio, petit bourg niché au sud du cap Corse, avant la traversée effectuée hier et aujourd’hui entre Corse et Continent. Et voilà la nuit magique dont il est question dans le titre. Un mix de vent faible à modéré et de calmes plats nous a obligé à tirer alternativement sur les écoutes du génois et sur le démarreur du Volvo (qui va  de mieux en mieux, merci pour lui). Rien de magique dans tout cela me direz-vous. Certes. Sauf que.

Nous avons eu, à la tombée du jour, le rare privilège, Martine et moi, de voir, pour la première fois de notre vie et sans doute la dernière – vue la rareté du phénomène – le fameux « rayon vert » au coucher du soleil. Le disque rouge-orangé plongeait sur l’horizon pendant que j’évoquai avec Martine, ce phénomène qui permet d’apercevoir une petite seconde tout au plus, un rayon lumineux parfaitement vert en lieu et place des « communs » rayons rouges sang de tout soleil qui « tombe » gracieusement  dans la mer. C’est MAGIQUE   et même un peu troublant comme peut l’être une éclipse totale de soleil !!! Nous l’avons vu tous les deux en même temps, évidemment, avec la même surprise dans nos yeux ébahis. Si ce phénomène vous intéresse, allez voir sur Wiki les explications scientifiques qui s’y rattachent. Amis navigants, si vous avez été témoins de la même « vision », faites-nous en part ou, le cas échéant, regardez bien le disque solaire plonger dans les flots (en faisant attention à vos  yeux : ne regardez qu’au dernier moment, bien sûr !). La traversée s’est poursuivie sous un ciel criblé d’étoiles avec Vénus en guest-star, brillante à en laisser son reflet sur la mer.

Pixel a donc  retrouvé les rivages azuréens, varois et marseillais, le mistral et les pendilles à récupérer dans les ports sans la moindre aide de qui que ce soit ! Pas pour longtemps d’ailleurs. Trahissons ici un secret de polichinelle : Pixel quittera bientôt la Grande Bleue. D’où le titre qui aurait dû être « Elbe et une nuit magique comme un ultime cadeau de l’Italie » mais n’a pas été. Finies les criques bleu turquoise, adieu, les temples grecs ou romains ou les palmiers fouettés par le vent. Par définition, butiner consiste à aller d’une fleur à l’autre en ne repassant pas sur les mêmes pistils. Butinons donc gaiement ailleurs. Nos virées à la voile prendront fin un jour ou l’autre et il nous reste encore beaucoup de choses à découvrir dans notre vieille mais belle Europe. A découvrir et, si vous souhaitez continuer à nous suivre, à vous faire découvrir dans le futur nouveau  site. Nous n’en dirons pas plus présentement mais, promis, une dernière actualité reviendra dessus quand nous serons de nouveau au bercail. Avant cela, nous mettons le blog en veilleuse, les dernières étapes ne devant pas être l’objet de découvertes fondamentales !

Et puis, tiens, comme je ne peux résister au plaisir de jouer avec les mots, je vous propose le titre de notre prochain blog …

« VENI, VIDI, …WIKINGS !»

Qu’en pensez-vous ? C’est une autre façon de ne pas perdre le nord, non ?

4 réflexions au sujet de « ELBE ET NUIT MAGIQUE COMME ULTIMES CADEAUX DE LA GRANDE BLEUE »

  1. Sara

    Hello vous 2,
    Bon retour sur terre et bel fin d’été en métropole…
    Mes pronostics, Espagne ? Portugal ? ou carrément au Nord et dans ce cas : Norvège ? Suède ?
    Bises et à très bientôt,

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  2. philippe/Françoise

    « … avançons deux fois plus rapidement qu’un marcheur mais deux fois moins vite qu’un cycliste. »
    Eh ben, c’est pas terrible !
    Pourraient faire mieux !
    Va falloir qu’y s’entrainent !
    Sont pas arrivés chez les Vikings !
    En parlant de Vikings : y pourront réparer le Volvo, c’est eux qui le fabriquent.

    attention, pas de méprise, je ne fais que rapporter ce que j’ai entendu ; même pas le courage de l’écrire : bande de dégonflés ! Moi, je ne pense pas-du-tout ça !
    * * *
    « … pour continuer à filer la métaphore laineuse, revenons à nos moutons »… à poil laineux, à poil laineux, à poil les … Slogan scandé pendant les manifs et bien connu des « soixanthuitards » : ceux qui connaissent pas, cherchez pas – c’était une autre époque – vous allez être déçus et si vous cherchez sur Internet, là, vous allez pas être déçus, vous allez tomber sur des sites pornos (…) je me demande pourquoi ?
    * * *
    « Nous avons eu […] le rare privilège, Martine et moi, de voir le fameux « rayon vert » […] un rayon lumineux parfaitement vert […] C’est MAGIQUE »
    - il est temps qu’y rentrent !
    - qu’est-ce qu’y ont pris ? la « descente » va être difficile !
    - c’est pour leurs enfants que ça va être dur !

    attention, idem ci-dessus. Moi, j’vous crois et d’ailleurs, à ce sujet, j’en connais un … rayon.

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  3. BEAUD Thérèse

    Vous ne deviez pas terminer votre périple fin septembre ??? Tout s’est bien passé, tant mieux et on rêverait se couler dans votre bateau pour profiter des paysages et des lieux pas trop fréquentés… Notre fille vient de passer 15 jours en Grèce avec mari et enfants (à Paros, Santorin et Athénes), ils sont tous enchantés de ce séjour, de la gentillesse des Grecs sauf à Athènes. A bientôt, peut être.
    Bises
    Thérèse

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